mardi 20 février 2018

Édouard Roger (1803-1881), l’ami intime d’Adolphe Thiers



D’une famille originaire du pays de Gex [Ain], fixée en 1686 à Nyon [canton de Vaud, Suisse], puis installée à Paris sous le Directoire, Édouard-Léon Roger est né dans la capitale, 4 rue Bergère [IXe], le 6 frimaire An XII [28 novembre 1803], fils de Daniel Roger (1769-1829), né à Genève et banquier, et de Albine-Hélène Vassal (1779-1848), née à Paris et divorcée, qui s’étaient mariés le 24 août 1800 à Noisy-le-Sec [Seine-Saint-Denis].


Déjà propriétaire du château de La Garenne, à Villemonble [Seine-Saint-Denis, mairie], Daniel Roger acheta, le 9 prairial An IX [29 mai 1801], la ferme du Chesnay, à Gagny [Seine-Saint-Denis]. Il devint baron d’Empire le 10 février 1809. Albine Vassal s’étant éprise de Charles-Tristan de Montholon-Sémonville (1783-1853), ancien aide de camp du maréchal Berthier, Daniel Roger obtint la séparation de corps et de biens le 21 avril 1809.


En 1810, Daniel Roger revendit le château de La Garenne, pour construire un château [détruit en 1967, pour construire une cité H.L.M.] au Chesnay, dans la continuité de la ferme. Le divorce ayant été obtenu le 22 mai 1812, Albine Vassal épousa Charles-Tristan de Montholon-Sémonville, dans la plus stricte intimité, le 2 juillet 1812, à la mairie de Draveil [Essonne].
Maire de Gagny de 1815 à 1827, chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’honneur le 16 janvier 1816, Daniel Roger, malade, mourut en son domicile parisien et fut inhumé au Chesnay, au lieu-dit La Grande Remise.


Édouard Roger entra dans la diplomatie sous la Restauration, comme secrétaire d’ambassade à Constantinople [Istanbul, Turquie], tenue alors par Armand-Charles Guilleminot (1774-1840), dont il épousa la fille, Henriette-Aimée Guilleminot (1811-1882), à Gagny, le 1er juin 1828 : celle-ci était l’aînée de deux jumelles mises au monde le 8 décembre 1811, à Nanterre [Hauts-de-Seine], par Marie-Adrienne-Élizabeth-Aimée-Joseph de Fernig (1777-1837), la cadette étant Augustine-Hortense Guilleminot (1811-1849). Roger fut créé comte héréditaire par Charles X, le 16 juin 1830. Après la révolution de juillet, il devint chargé d’affaires à Dresde [Allemagne], reçut en 1831 la décoration de la Légion d’honneur et fut élu, le 21 juin 1834, député du 6e collège du Nord [Dunkerque] : il soutint d’abord la politique conservatrice et doctrinaire. Comme son père, Roger, dit « du Nord », fut maire de Gagny, de 1837 à 1840. Réélu député le 4 novembre 1837, il entra, avec Thiers dont il était l’ami, dans la coalition contre le ministère Molé et opina désormais avec le tiers-parti. Il obtint successivement le renouvellement de son mandat le 2 mars 1839, le 9 juillet 1842 et le 1er août 1846. Le gouvernement de Louis-Philippe le nomma conservateur du domaine. Il continua, jusqu’à la révolution de 1848, de faire de l’opposition au cabinet Guizot, sans se joindre toutefois à ceux qui réclamèrent, en février, la mise en accusation du ministère.

« Parfois, au milieu du bruit confus des interruptions et des chuchottements, une voix grêle et aigre perce le tumulte, et vous fait dresser l’oreille. Vous regardez de tous côtés, et finissez par découvrir, non sans peine, blotti entre M. de Lasteyrie et M. de Rémusat, un petit homme maigre, à physionomie mutine, qui trépigne, se tord sur son banc en écoutant un ministre qui divague. Doué d’énergie et de vivacité, M. Roger ne sert pas son parti par ses discours, mais par une activité de tous les moments ; c’est l’agitateur par excellence du centre gauche, comme ses voisins en sont les orateurs.
Malheureusement il ose par fois essayer de la tribune, mais son fâcheux organe fait tort aux bonnes choses qu’il dit, et l’attention ne le suit pas longtemps. » [sic]
(L’Ex-Chambre des députés ou Galerie rétrospective et satyrique des derniers élus du monopole, par un sténographe. Paris, Paul Lesigne, s. d. [1848], p. 103-104)

Roger ne se rallia pas à la république de 1848 et se présenta comme candidat monarchiste à l’Assemblée législative, à la fois dans le Nord et dans la Seine : élu le 13 mai 1849 représentant du Nord et représentant de la Seine, il opta pour le Nord et prit place dans les rangs de la droite. Mais il protesta contre le coup d’État du 2 décembre, fut arrêté - « pour qu’il ne se fasse pas tuer », déclara le duc de Morny -, détenu au fort de Ham et relâché presque aussitôt. Pendant toute la durée du Second Empire, il resta étranger aux affaires. En 1870, il prit une part importante à la défense de Paris, comme lieutenant-colonel d’état-major de la garde nationale de la Seine. Les élections du 8 février 1871 pour l’Assemblée nationale le ramenèrent au parlement : nommé représentant du Nord, il prit place au centre droit. Commandeur de la Légion d’honneur le 24 juin 1871. Son attachement à la personne et aux idées de Thiers le détermina à se rallier à la république conservatrice et il passa au centre gauche. Les gauches de l’Assemblée nationale le portèrent sur la liste de leurs candidats au Sénat : élu sénateur inamovible le 10 décembre 1875, il suivit la même ligne de conduite et fit partie du centre gauche.

Édouard Roger mourut en son domicile parisien, 30 cours la Reine [VIIIe], le 11 juin 1881. Il fut inhumé comme son père sur son domaine du Chesnay. Il laissait une immense fortune, évaluée à 3.734.000 francs et composée essentiellement d’obligations françaises et étrangères, de rentes, d’actifs immobiliers et d’actions.

Il avait eu deux enfants : Charles-Ferdinand-Édouard (1829-1855), lieutenant de chasseurs à pied, mort au siège de Sébastopol, et Marie-Thècle (1835-1857), épouse en 1854 de Ferdinand Huddleston, qui n’eut pas de descendance. Après le décès d’Henriette-Aimée Guilleminot, le 20 novembre 1882, le général Georges Humann (1833-1908), fils d’Augustine-Hortense Guilleminot et du diplomate Jules-Émile Humann (1809-1857), époux en 1877 de Jeanne de Leusse (1857-1949), hérita du domaine du Chesnay. Sa fille Marie-Madeleine Humann (1880-1946), épouse en 1900 de Maxime Le Bègue de Germiny (1871-1945), fut la dernière propriétaire du domaine du Chesnay : elle l’abandonna après l’avoir transformé en « Cité-jardin du château du Chesnay ». Auparavant, le 26 juin 1920, les restes du baron Daniel Roger, du comte Roger « du Nord », de sa femme Henriette-Aimée Guilleminot et de leurs deux enfants, avaient été transférés au cimetière de Gagny.  


La bibliothèque du comte Roger « du Nord » fut vendue à l’hôtel des commissaires-priseurs, 7 rue Drouot, salle n° 3, au premier, du lundi 28 avril au mardi 6 mai 1884, en huit vacations : Catalogue des livres rares et précieux, composant la bibliothèque de feu M. le comte Roger (du Nord) (Paris, Ch. Porquet, 1884, in-8, VIII-303-[1 bl.] p., 911 lots), dont Théologie [102 lots = 11,19 %], Jurisprudence [9 lots = 0,98 %], Sciences et Arts [81 lots = 8,89 %], Belles-Lettres [258 lots = 28,32 %], Histoire [461 lots = 50,60 %].


La plus grande partie des reliures modernes de cette bibliothèque portaient sur le dos et sur les plats le chiffre couronné du comte Roger.
Le total de la vente s’est élevé à 89.576 francs. On avait espéré mieux.


1. Biblia sacra vulgatæ editionis, Sixti V pont. Max. authoritate recognita, nunc vero jussu cleri gallicani denuo edita. Parisiis, excudebat Antonius Vitré, 1652, 8 tomes en 10 vol. in-12, réglés, mar. bleu, fil., tr. dor. (Padeloup). Exemplaire de Longepierre, provenant des bibliothèques de F. Didot [1811, 84 fr.], Pixerécourt [1838, 471 fr.] et J. Pichon [5.200 fr.]. 7.900 fr.
8. Novum Jesu Christi D. N. Testamentum græcè et latinè. Lugduni, apud Ant. de Harsy, 1599, pet. in-12, mar. brun. Aux armes du roi Henri IV. 1.550 fr.
17. L’Apocalypse, avec une explication, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, veuve de Séb. Mabre-Cramoisy, 1689, in-8, mar. rouge, fil. dos orné, tr. dor. Aux armes de Colbert. 430 fr.
36. Le Promptuaire des exemples, des vertus et vices, recueilli de l’ancien et du nouveau Testament par révérend père en Dieu, M. Nicolas Hanape, jadis patriarche de Jérusalem, traduit en François, par Antoine Tiron. Anvers, Jean Bellere, 1569, in-8, réglé, mar. brun, fil. tr. dor. Reliure molle - reliure souple dont la peau n’est pas fixée sur des cartons, mais doublée de papier ou de tissu - exécutée pour Henri III : sur le dos, les armes de France, la tête de mort et la devise du roi « Spes mea Deus » ; sur les plats, un médaillon représentant le Christ en croix. 490 fr.
38. Traitez du libre arbitre et de la concupiscence, ouvrages posthumes de messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Barthelemy Alix, 1731, in-12, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Louise-Élisabeth de Bourbon, veuve du prince de Conti. 250 fr.
57. L’Imitation de Jésus-Christ, traduite en vers françois par P. C. [P. Corneille], enrichie de figures de taille-douce sur chaque chapitre. Imprimé à Rouen et se vend à Paris, chez Charles de Sercy et Robert Ballard, 1653-1654, 2 vol. in-12, fig., mar. bleu, compart. de fil., dorure à petits fers, dos ornés, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 200 fr.
59. Les Œuvres de la sainte mère Thérèse de Jésus, fondatrice de la réforme des Carmes et Carmélites deschaussez ; nouvellement traduites d’Espagnol en François par le R. Père Cyprien. Paris, Sébastien Huré, 1645, in-4, mar. rouge, milieu doré à petits fers, dos orné, tr. dor. (Rel. anc.). Au chiffre couronné de la reine Anne d’Autriche. 225 fr.
70. Divers écrits ou mémoires sur le livre intitulé : Explications des maximes des Saints […], par messire Jacques-Bénigne Bossuet. A Paris, chez Jean Anisson, 1698, in-8, mar. rouge, fil., tr. dor. Aux armes de la duchesse de Bourgogne. 1.010 fr.


79. Pensées de M. Pascal sur la religion, et sur quelques autres sujets, qui ont estée trouvées après sa mort parmy ses papiers. Paris, Guillaume Desprez, 1670, in-12, réglé, mar. brun, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 320 fr.
85. Instructions sur les estats d’oraison, où sont exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours, avec les actes de leur condamnation ; par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Jean Anisson, 1697, in-8, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Bossuet. 745 fr.


93. Le Livre des marchans fort utile à toutes gens pour cõgnoistre de quelles marchãdises on se doit garder destre trompe. S. l. s. n. [Neufchâtel, Pierre de Vingle], 1534, pet. in-8 goth., mar. rouge jans., tr. dor. (Thibaron-Joly). De la collection Leprévost [1857]. 1.166 fr.
98. Traitté des scandales qui empeschent aujourd’huy beaucoup de gens de venir à la pure doctrine de l’Évangile et en desbauchent d’autres ; par Jean Calvin. S. l., 1565, pet. in-8, mar. rouge, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 501 fr.
113. Les Œuvres morales et meslées de Plutarque, translatées du Grec en François par messire Jacques Amyot, grand aumosnier de France. Paris, Michel de Vascosan, 1572, 2 vol. in-fol., mar. brun, compartiments, arabesques, volutes et rinceaux, mosaïque de couleur rouge et blanche, milieu à feuillages, dorure à petits fers, dos ornés, tr. dor. (Ève). Armes de N. Moreau, sieur d’Auteuil. 2.999 fr.


133. Essais de Michel, seigneur de Montaigne. Cinquiesme édition, augmentée d’un troisiesme livre, et de six cens additions aux deux premiers. Paris, Abel L’Angelier, 1588, in-4, réglé, titre gravé, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Padeloup). 1.010 fr.

Librairie Hugues de Latude

136. Réflexions ou Sentences et maximes morales (par François, duc de La Rochefoucauld), précédées d’un discours sur les Réflexions [attr. à Segrais]. Paris, Claude Barbin, 1665, pet. in-12, front. gravé, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 275 fr.


142. Les Caractères de Théophraste, traduits du Grec avec les Caractères ou les Mœurs de ce siècle [par La Buyère]. Paris, Estienne Michallet, 1688, in-12, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 275 fr.


160. Éducation des filles, par monsieur l’abbé de Fénelon. Paris, Pierre Aubouin, 1687, in-12, mar. bleu, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 202 fr.


198. Project du livre intitulé De la précellence du langage françois. Par Henri Estiene [sic]. Paris, Mamert Patisson, 1579, in-8, réglé, mar. bleu, large dent., gardes de tabis, tr. dor. (Derome). De la bibliothèque de Renouard, dont il porte le nom sur le plat de la reliure. 250 fr.


216. Oraison funèbre de très-haute et très-puissante princesse Anne de Gonzague de Clèves, princesse Palatine, prononcée dans l’église des Carmélites du fauxbourg Saint-Jacques, le 9 aoust 1685, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 1685, in-4, fleuron, vignette et cul-de-lampe, mar. noir, fil., tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.100 fr.


217. Oraison funèbre de très-haut et très-puissant seigneur messire Michel Le Tellier, chevalier, chancelier de France, prononcée dans l’église paroissiale de Saint-Gervais, où il est inhumé, le 25 janvier 1686, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 1686, in-4, fleuron, vignette et cul-de-lampe, mar. noir, fil., tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.300 fr.


218. Oraison funèbre de très-haut et très-puissant prince Louis de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, prononcée dans l’église Nostre-Dame de Paris, le 10e jour de mars 1687, par messire Jacques-Bénigne Bossuet. Paris, Séb. Mabre-Cramoisy, 1687, in-4, fleuron, vignette et cul-de-lampe, mar. noir, fil., tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.900 fr.


238. Les Œuvres de maistre Françoys Villon. Le monologue du franc archier de Baignollet. Le Dyalogue des seigneurs de Mallepaye & Baillevent. Paris, Galiot du Pré, 1532, pet. in-8, lettres rondes, mar. bleu, doublé de mar. citron, riches compart., feuillages, dorure à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 985 fr.
245. Les Œuvres poétiques d’Amadis Jamyn, au roy de France et de Pologne. Paris, Mamert Patisson, 1575, in-4, mar. rouge jans., doublé de mar. bleu (Thibaron-Joly). 395 fr.
252. Recueil de poésies chrestiennes et diverses, dédié à Monseigneur le Prince de Conty, par M. de La Fontaine. Paris, Jean Couterot, 1679, 3 vol. in-12, front. gravé, mar. rouge, fil. à la Du Seuil, dos orné, doublés de mar. rouge, tr. dor. (Rel. anc.). 430 fr.


269. Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine. Paris, Denys Thierry, 1668, in-4, fig. de Fr. Chauveau, mar. citron, fil., coins dorés, dos orné, large dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Armes du chancelier Séguier à l’intérieur du volume. 1.700 fr.


271. Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine, et par lui reveues, corrigées et augmentées. Paris, Denys Thierry et Claude Barbin, 1678-1679-1694, 5 vol. in-12, fig. de Fr. Chauveau, mar. citron, tr. dor. (Rel. molle de Trautz-Bauzonnet). 750 fr.
289. Chansons morales et autres, par M. P.-J. de Béranger. Paris, Alexis Eymery, 1816, in-18, front. gravé et vignette, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 770 fr.
300. Le Théâtre de P. Corneille [et Poëmes dramatiques de Th. Corneille], nouvelle édition revue, corrigée et augmentée. Paris, Guillaume Cavelier, 1706, 10 vol. in-12, réglés, mar. vert, larges dent., dos ornés, doublés de mar. rouge, dent., tr. dor. (Boyet). Aux armes de madame de Chamillart, à l’intérieur des volumes. Des bibliothèques de Soleinne et de J.-Ch. Brunet. 5.100 fr.
303. Les Œuvres de monsieur de Molière. Paris, Denys Thierry, 1674-1675, 7 vol. in-12, mar. bleu, tr. dor. (Rel. molle de Trautz-Bauzonnet). 1.150 fr.


310. Œuvres de Racine. Paris, Denys Thierry, 1697, 2 vol. in-12, front. et fig. de Le Brun et Fr. Chauveau, mar. bleu, fil., dos ornés, tr. dor. Aux armes de J.-B. Machault d’Arnouville, garde des sceaux. 800 fr.
320. Les Amours de Psiché et de Cupidon [suivis d’Adonis, poëme], par M. de La Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1669, in-8, mar. citron, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 200 fr.
333. La Relation de l’isle imaginaire, et l’Histoire de la princesse de Paphlagonie [par Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, dite « la Grande Mademoiselle »]. Bordeaux, 1659, in-8, mar. rouge, fil. à la Du Seuil, dos orné, tr. dor. [tirée à 100 ex.]. Aux armes de la famille d’Orléans. De la bibliothèque de l’auteur. 2.850 fr.


345. Le Diable boiteux [par Le Sage]. Paris, veuve Barbin, 1707, in-12, front. gravé, mar. rouge, fil., dos orné, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 555 fr.
349. Les Mille et un Quarts d’heure, contes tartares, ornés de figures en taille-douce [par T. S. Gueullette]. Paris, Guillaume Saugrain, 1715, in-12, fig., mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Jules-Henri, duc de Bourbob, prince de Condé. 352 fr.
351. Histoire du chevalier des Grieux, et de Manon Lescaut [par l’abbé Prévost]. Amsterdam, aux dépens de la Compagnie ; Paris, Fr. Didot, 1753, 2 vol. in-12, fig. et vign. dessinées et gravées par Gravelot et Pasquier, mar. bleu, doubl. de mar. bleu, dent., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 520 fr.


368. Paul et Virginie ; par Jacques-Bernardin-Henry de Saint-Pierre. Paris, imprimerie de Monsieur, 1789, in-12, 4 fig. dessinées par Moreau et Vernet, mar. vert, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale. 350 fr.
396. L’Introduction au Traité de la conformité des merveilles anciennes avec les modernes, ou Traité préparatif à l’apologie pour Hérodote, par Henri Estienne. S. l., 1566, pet. in-8, mar. brun, dent. int., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). Édition originale avant les cartons. De la bibliothèque de A. Bertin. 525 fr.


445. Les Œuvres d’Étienne Pasquier, contenant ses Recherches de la France. Amsterdam [Trévoux], Compagnie des libraires associez, 1723, 2 vol. in-fol., mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. (Rel. anc.). Aux armes de Louis XV. 500 fr.


468. Discours sur l’histoire universelle, à monseigneur le Dauphin : pour expliquer la suite de la religion & les changemens des Empires. Depuis le commencement du monde jusqu’à l’Empire de Charlemagne. Par Messire Jacques Bénigne Bossuet. Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1681, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes de Bossuet. 2.600 fr.
469. Discours sur l’histoire universelle, à monseigneur le Dauphin : pour expliquer la suite de la religion & les changemens des Empires. Depuis le commencement du monde jusqu’à l’Empire de Charlemagne. Par Messire Jacques Bénigne Bossuet. Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1681, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. Aux armes du prince Eugène de Savoie. 2.180 fr.
492. Histoire des variations des Églises protestantes. Par Messire Jacques Bénigne Bossuet. Paris, veuve de Sébastien Mabre-Cramoisy, 1688, 2 vol. in-4, mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. Aux armes de Bossuet. 5.110 fr.


498. Histoire des Juifs, écrite par Flavius Joseph, sous le titre de Antiquitez judaïques, traduite du Grec par Arnaud d’Andilly [avec l’Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains, par le même]. Bruxelles, E. Henry Fricx, 1701-1703, 5 vol. pet. in-8, front. et fig., mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. Aux armes de la comtesse d’Artois. 600 fr.

Bergé-Binoche & Giquello, Paris, 14 février 2018 : 2.256 €

510. Appian Alexandrin, historien grec, des guerres des Romains, livre XI, traduicts en françois par feu messire Claude de Seyssel. Paris, Nicolas Chesneau, 1580, in-8, mar. rouge, tr. dor. (Rel. molle de Trautz-Bauzonnet).
511. C. Crispi Sallustii. L. Sergii Catilinæ contra Romanum Senatum Conjuratio, seu Bellum Catilinarium, item Bellum Jugurtinum. Parisiis, apud Simonem Colinæum, 1543, in-8, réglé, mar. bleu, fil., tr. dor. Aux armes et aux chiffres du comte d’Hoym. Des bibliothèques Parison et J.-Ch. Brunet. 1.000 fr.


529. Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou, depuis 1543 jusqu’en 1637, traduite sur l’édition latine de Londres [par Le Beau, l’abbé Desfontaines, etc.]. Londres [Paris], 1734, 16 vol. in-4, portr., mar. bleu, fil. tr. dor. Aux armes et chiffre couronné du comte d’Hoym. 2.205 fr.
550. Le Premier [Second et Tiers] Volume de Enguerran de Monstrelet, en suyvant Froissart (…] des Croniques de France, d’Angleterre, d’Escoce, d’Espaigne, de Bretaigne, de Gascongne, de Flandres et lieux circonvoisins. Paris, Anthoine Vérard, s. d., 3 tomes en 2 vol. in-fol., goth. à 2 col., mar. vert, fil., dos ornés, dent. int., tr. dor. (Niedrée). 740 fr.
551. Chroniques d’Enguerran de Monstrelet. Paris, Marc Orry, 1603, 2 vol. in-fol., mar. bleu, fil. à la Du Seuil, dos ornés, gardes de pap. doré, tr. dor. Aux armes du duc de La Vieuville. 645 fr.


554. Les Mémoires de messire Philippe de Commines sieur d’Argenton. Leide, chez les Elzeviers, 1648, pet. in-12, titre gravé, mar. bleu, compart. de filets, dos orné, doublé de mar. citron, compart. et arabesques, dorure à petits fers, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). 1.250 fr.


655. Mémoires des sages et royales oeconomies d’Estat, domestiques, politiques et militaires de Henry le Grand […] et des servitudes utiles, obéissances convenables & administrations loyales de Maximilien de Béthune [duc de Sully]. Amstelredam, chez Alethinosgraphe de Clearetimelée & Graphexechon de Pistariste, s. d., 2 vol. in-fol., mar. rouge, fil., dos ornés, tr. dor. Édition originale imprimée au château de Sully, en 1638, par un imprimeur d’Angers. Armes sur les plats, chiffre sur le dos et aux angles de Philippe, comte de Béthune, frère de Maximilien duc de Sully. 600 fr.
735. Testament politique d’Armand du Plessis, cardinal duc de Richelieu. Amsterdam, Henry Desbordes, 1688, 2 part. en 1 vol. pet. in-12, mar. vert, larges dent., dos orné, doublé de mar. rouge, dent., tr. dor. Aux armes de madame de Chamillart. Provient de la bibliothèque de Pixerécourt. 1.000 fr.


757. Mémoires du comte de Brienne, ministre & premier secrétaire d’État. Contenant les événemens les plus remarquables du règne de Louis XIII & de celui de Louis XIV, jusqu’à la mort du cardinal Mazarin. Amsterdam, Jean-Frédéric Bernard, 1719, 3 vol. in-12, mar. rouge, fil., tr. dor. (Derome). 400 fr.
776. Mazarinades. Recueil de plusieurs pièces curieuses, tant en vers qu’en prose, imprimées depuis l’enlèvement du roy, le 6 janvier 1649, jusques à la paix, qui fut publiée le 2e jour d’avril de la mesme année et autres choses remarquables arrivées depuis ce temps-là jusques à l’heureux retour de Sa Majesté dans sa bonne ville de Paris, qui fut le 18e jour d’aoust 1649. Paris, 1649-1651-1652, 12 vol. in-4, veau fauve (Rel. anc.). Environ 825 pièces. 900 fr.
817. Almanach pour l’année 1781. Manuscrit. Aux armes de la reine Marie-Antoinette. 655 fr.


854. Histoire du cardinal Ximenés. Par messire Esprit Fléchier, évêque de Nîmes. Paris, Jean Anisson, 1693, in-4, mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Du Seuil). Aux armes de Bossuet. De la bibliothèque de J.-J. Debure. 2.650 fr.


893. La Gallerie des femmes fortes. Par le P. Pierre Le Moyne, de la Compagnie de Jésus. Leiden, Jean Elsevier, et Paris, Charles Angot, 1660, pet. in-12, front. gravé, fig., mar. rouge, fil., dos orné, tr. dor. (Derome). 500 fr.


 



























mardi 13 février 2018

Alexandre Piedagnel (1831-1903), marin et poète


Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de Magneville

D’une famille originaire de Magneville [Manche], fixée à Cherbourg à la Révolution, François-Alexandre Piedagnel [sans accent sur le « e »] est né à Cherbourg [Manche], rue de la Paix, le 27 décembre 1831, en l’absence de son père, Alexandre Piedagnel (1793-1865), capitaine de navire ; sa mère, Françoise-Louise-Joseph Bélamy (1797-1845), s’était mariée à Cherbourg, le 3 novembre 1830.

Après quinze années de service dans la Marine, dont trois années en mer, François-Alexandre Piedagnel, dit « Alexandre Piedagnel », dut quitter le service pour raison de santé, ayant conservé des séquelles de la fièvre jaune contractée au Mexique.

« Près de Sacrificios, petite île aride et déserte située à peu de distance de la ville de Véra-Cruz, mouillent ordinairement les bâtiments envoyés dans cette partie du golfe du Mexique. Pendant des stations, parfois prolongées, en ce lugubre pays, la fièvre jaune fait, hélas ! beaucoup de victimes, et l’îlot de Sacrificios sert alors de cimetière.
Il y a plusieurs années, le vapeur de guerre français Le Tonnerre, dont M. Alexandre Piédagnel était l’officier d’administration, se trouvant, pour un temps assez long, dans ces tristes parages, une épidémie de fièvre jaune sévit à bord et fut des plus violentes. Les deux tiers de l’état-major et de l’équipage moururent en quelques semaines. Le médecin ayant succombé des premiers, M. Piédagnel, dont la vie avait été en danger, par suite d’une atteinte du fléau, soigna nuit et jour (à peine convalescent lui-même) les nombreux malades du bâtiment. » [sic]
(Mémoires de l’Académie nationale des sciences, arts et belles-lettres de Caen. Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1873, p. 354)

Alexandre Piedagnel (1831-1903)

Piedagnel se fixa alors à Paris, où il devint le secrétaire de Jules Janin (1804-1874), qui tenait un feuilleton dramatique hebdomadaire au Journal des débats et qui lui avait répondu, le 8 février 1855 :

« Je suis toujours bien content, Monsieur, lorsqu’une honnête main m’est tendue, et j’accepte la vôtre de grand cœur.
Cette profession des lettres est rude, et difficile à la longue. A vingt ans on la trouve charmante ; mais trente ans plus tard, quand on compte avec soi-même et quand on voit les pièges, les abîmes, les calomnies, les dangers, le travail accompli, - et comme on est peu avancé dans ce sentier d’épines, - on est bien triste et bien accablé.
Heureusement que de temps à autre vous arrive une bonne fortune semblable à l’aimable lettre que je reçois de vous. Alors on se sent tout consolé.
Quand vous viendrez à Paris, ne cherchez pas midi à quatorze heures pour me venir visiter : je suis chez moi tout le jour et tous les jours.
Votre obéissant et dévoué serviteur. »
(Jules Janin. Correspondance, publiée avec le concours de M. Clément Janin. Paris, Librairie des bibliophiles, 1877, p. 147-148)

Cabinet de travail de Jules Janin, dans son chalet de Passy [XVIe, détruit en 1901]
in Le Monde illustré, 27 juin 1874, p. 396

Le 15 août 1862, Piedagnel fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, pour ses actes de dévouement extraordinaire dans le golfe du Mexique, pendant une épidémie de fièvre jaune, alors qu’il était officier d’administration de la Marine sur le bâtiment de guerre « Le Tonnerre ».

Devenu membre de la Société des Gens de lettres, Piedagnel consacra sa vie à des travaux littéraires. 




Une cantate, qui avait été très applaudie au Théâtre du Gymnase, lui valut les vives félicitations de S. M. l’Empereur et une magnifique médaille d’honneur, grand module, renfermée dans un riche écrin, le 15 août 1864.

On doit en particulier à Piedagnel :


Les Ambulances de Paris pendant le siège (1870-1871) (Paris, Librairie générale, Dépôt central des éditeurs [E. Maillet], 1871, in-12, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-106-[1]-[1 bl.] p.). Ouvrage couronné par l’Académie française. Pendant toute la durée du siège de Paris (1870-1871), Piedagnel avait dirigé, à la Muette [Passy], une ambulance fort importante dite « du VIe secteur », dont il avait été le fondateur principal et qui n’avait cessé d’être remplie de fiévreux et de blessés.



Jules Janin 1804-1874 (Paris, Librairie des bibliophiles [D. Jouaust], 1874, in-16, [2]-106-[1]-[1 bl.] p., portrait à l’eau-forte par Flameng, 500 exemplaires sur papier vergé, 10 exemplaires sur papier de Chine, 10 exemplaires sur papier Whatman ).


J.-F. Millet. Souvenirs de Barbizon (Paris, Vve A. Cadart, 1876, gr. in-8, 108-[1]-[1 bl.] p., portrait, 9 eaux-fortes, fac-similé d’autographe, 500 exemplaires sur papier vergé de Hollande, 25 exemplaires sur papier de Chine, 15 exemplaires sur papier Whatman, 5 exemplaires sur parchemin). Ouvrage couronné par l’Académie française.


Avril (Paris, Isidore Liseux, 1877, in-16, [4]-160-[4] p., frontispice de Giacomelli, gravé à l’eau-forte par Lalauze, 4 exemplaires sur parchemin, avec triple épreuve du frontispice ; 20 exemplaires sur papier de Chine, avec triple épreuve ; 50 exemplaires sur papier de Hollande, impression en vert, avec double épreuve ; 700 exemplaires sur papier de Hollande, impression en noir, avec frontispice).

Frontispice (détail)

Un bouquiniste parisien – Le Père Lécureux (Paris, Edouard Rouveyre, 1878, in-8, 68-[1]-[1 bl.] p., frontispice à l’eau-forte composé et gravé par Maxime Lalanne ; 4 exemplaires sur parchemin, 6 exemplaires sur papier du Japon, 10 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Turkey Mill, 450 exemplaires sur papier vergé de Hollande, 10 exemplaires sur papiers de différentes couleurs H.C.).
En tête de cette étude, Piedagnel a placé les pages 79-86 de la nouvelle édition très augmentée de son Jules Janin (Paris, Sandoz et Fischbacher, 1877), qu’il a intitulées « Les Joies du bibliophile » ; il les a reprises plus tard et augmentées de considérations bibliographiques, sous le même titre, dans La Revue du siècle (Lyon, 1891, t. V, p. 439-445).

« L’AMOUR des livres, cet amour pur, ardent, fécond, durable et sans mécomptes, a été célébré par Jules Janin, en toute occasion, avec le plus séduisant enthousiasme. Il possédait de si précieux volumes, et il les aimait tant ! Jamais, à coup sûr, aucun écrivain ne fut mieux pénétréni mieux entouréde son sujet favori, et ne donna, par sa vie tout entière, plus éloquemment raison au mot si connu de Ménage, en l’honneur du charmant dada des bibliophiles : “ C’est la passion des honnêtes gens ! ”
Quoi de meilleur, en effet, qu’un bon livre pour la nourriture et la joie de l’esprit ? En le lisant, aux heures de fatigue morale, on se sent réconforté, on oublie ses déceptions, ses ennuis ; le calme bienfaisant peu à peu renaît au fond de l’âme, l’œil s’éclaire, le front se déride, et le sourire bientôt refleurit sur les lèvres.
Lorsque, chassées par la bise, les dernières feuilles flétries se sont éparpillées, en tournoyant et gémissant, dans les allées désertes du jardin ; durant les veillées de décembre, tandis que le vent rôde et pleure,
S’engouffrant tristement dans les longs corridors,
n’est-il pas agréable et salutaire à la fois de relire un vrai livre, en face des tisons rougis qui craquent et pétillent, - tout en écoutant la chanson de la bouilloire ou celle du grillon familier ?... Et, certes, l’été, sous un ombreux feuillage, au bruit léger du ruisseau murmurant, le plaisir n’est pas moindre pour le lecteur attentif et fidèle ; mieux que jamais, au contraire, il apprécie tout le bonheur de vivre !
Quelles douces surprises, quelles fêtes intimes, que d’émotions délicieuses on éprouve en ouvrant un beau volume du temps jadis, du XVIIIe siècle, par exemple (le siècle des élégances) ! La reliure pleine, en veau fauve ou en maroquin à larges dentelles, les tranches rouges ou dorées, le papier de Hollande, les caractères elzéviriens, les figures de Gravelot, de Moreau, de Bernard Picart le Romain, ou les vignettes d’Eisen, si délicates et si spirituelles, vous ravissent tour à tour. On croit voir l’heureux auteur de cet ouvrage centenaire, ou, s’il s’agit de la réimpression d’un classique, le patient lettré qui a enrichi l’édition de notes ingénieuses, de commentaires excellents ; on songe à ses recherches, à ses efforts, à sa persévérance ; on se représente sa joie en découvrant soudain un fait inédit, un détail curieux ; puis on s’incline par la pensée devant l’habile graveur qui a prodigué à son œuvre exquise tant de soins intelligents et passionnés. Le premier possesseur du livre vous apparaît, lui aussi, tout glorieux d’être le maître absolu d’un si bel exemplaire, le feuilletant avec respect, avec admiration, le savourant en quelque sorte, et demandant à ce compagnon docile l’oubli de ses chagrins de la veille et de ses soucis du lendemain !...
Mais écoutez plutôt Jules Janin lui-même parler des livres, avec une autorité incontestable, avec un charme infini : [fragments glanés dans L’Amour des livres (Paris, J. Miard, 1866)] » [sic]

Alexandre Piedagnel, par Paul Avril

Hier (Paris, Claude Motteroz, 1882, in-8, 108-[2] p., 50 exemplaires sur papier de Chine, 100 exemplaires sur papier du Japon, 100 exemplaires sur papier teinté, 500 exemplaires sur papier vélin).

En route. Poésies (Paris, Fischbacher, 1885, in-24, 96 p.).


Jadis. Souvenirs et fantaisies (Paris, Isidore Liseux, 1886, in-8, [3]-[1 bl.]-384 p., 6 eaux-fortes de Marcel d’Aubépine, 2 exemplaires sur parchemin et 2 exemplaires sur papier de Chine H.C., 100 exemplaires sur véritable papier de la Manufacture impériale du Japon, 350 exemplaires sur papier fort de Hollande). Les exemplaires sur parchemin, et sur papiers de Chine et du Japon, contiennent les 6 eaux-fortes en triple épreuves (noir et sanguine avant la lettre, et noir avec la lettre).

Piedagnel a également publié des introductions et des notices pour des éditions de luxe :

La Chaumière indienne, suivie du Café de Surate (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1875, in-16, [3]-[1 bl.]-XVII-[1 bl.]-[2]-92 p.), publiés par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Lettres portugaises (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1876, in-16, [3]-[1 bl.]-VIII-93-[1 bl.] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiées sur l’édition originale, avec une notice préliminaire, par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Le Diable amoureux (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1877, in-16, [3]-[1 bl.]-XI-[1 bl.]-119-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Lettres de mademoiselle Aïssé à madame Calandrini (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1878, in-16, [3]-[1 bl.]-XVII-[1 bl.]-183-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), précédées d’une notice par A. Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Paul et  Virginie (Paris, Isidore Liseux, 1879, in-16, XL-218-[2] p., 6 figures hors-texte et 2 vignettes dessinées et gravées à l’eau-forte par Adolphe Lalauze, introduction par Alexandre Piedagnel, 775 exemplaires).


Contes de Hégésippe Moreau, suivis de Poésies diverses (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1881, in-16, [3]-[1 bl.]-XXX-[2]-124 p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiés avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Voyage autour de ma chambre (Paris, A. Quantin, 1882, in-12, [1]-[1 bl.]-[1]-[1 bl.]-XVI-171-[1] p., portrait inédit de Xavier de Maistre, 6 gravures de Charles Delort, préface par Alexandre Piedagnel).


Chansons de Hégésippe Moreau (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1883, in-16, [3]-[1 bl.]-VII-[1 bl.]-104 p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiées avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».


Œuvres choisies de J. Dorat (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1888, in-16, [3]-[1 bl.]-XX-175-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman) , avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Le Cardinal Frédéric Borromée, ouvrage posthume de Quesnel (Lille, Société de Saint-Augustin, Desclée, de Brouwer et Cie, 1890, in-8, VIII-191-[1] p.), publié par les soins d’Alexandre Piedagnel.


Œuvres choisies du chevalier de Bonnard (Paris, Librairie des bibliophiles [Jouaust], 1891, in-16, [3]-[1 bl.]-XII-131-[1] p., 30 exemplaires sur papier de Chine, 30 exemplaires sur papier Whatman), publiées avec une introduction par Alexandre Piedagnel. Couverture verte portant dans le haut « Les Petits Chefs-d’œuvre ».

Piedagnel a encore collaboré avec Le Parnasse contemporain. Recueil de vers nouveaux (Paris, Alphonse Lemerre, 1866, p. 254-256), Le Tombeau de Théophile Gautier (Paris, Alphonse Lemerre, 1873, p. 133), les Miscellanées bibliographiques (Paris, Édouard Rouveyre, 1878, t. I, p. 127-140 ; 1880, t. III, p. 6-12 et 133-152), les Ailes & fleurs. Compositions de Hector Giacomelli. Poésies de Victor Hugo, Théophile Gautier, François Copée, Alexandre Dumas fils, André Theuriet, Georges Lafenestre, Auguste Lacaussade, Ernest d’Hervilly, Alexandre Piedagnel, Gustave Mathieu (Paris, Librairie de la Société anonyme de publications périodiques, s. d. [1879]).

Tantôt sous son nom, tantôt sous les pseudonymes de « Henri Vernon » ou de « Gaston de Cerzy », Piedagnel donna un grand nombre d’articles bibliographiques dans le Journal des débats politiques et littéraires, Le Constitutionnel, Paris-Journal, La Gazette universelle, Le Monde illustré, Le Bibliophile français, le Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, La Revue du siècle, le Moniteur des arts, La Chronique parisienne, Le Courrier littéraire, la Revue de France, La Mosaïque, Le Semeur, le Musée des familles, Les Annales, La Revue générale, Le Messager de Toulouse, Le Mémorial diplomatique, L’Artiste, L’Europe artiste, Le Nain jaune, Le Figaro, Le Boulevard, La Revue française, la Vigie de Cherbourg, Le Phare de la Manche, Les Tablettes des deux Charentes. Dans La Revue de poche, il a publié des poésies sous les initiales « P. P. »

« Je me revois, par la pensée, causant avec le maître, un matin de janvier, dans son élégant cabinet de travail, où, avec la religion et le zèle d’un délicat il a réuni des peintures, des terres cuites, et des bronzes artistiques, des gravures anciennes, des dessins originaux et, surtout, des éditions rares.
De taille moyenne, les yeux pénétrants et fins sous les lunettes légères, le sourire aux lèvres, les cheveux gris rejetés en arrière, la figure de ce bibliophile, si amoureux de son art, respire à la fois la franchise et l’urbanité.
Avec quelle émotion, contenue mais vraie, il se rappelle les beaux rêves d’autrefois, les jours dorés de la jeunesse ; avec quelle grâce entraînante il évoque devant nous le souvenir de Déjazet, la grande comédienne, à l’esprit si primesautier ; avec quelle chaleur d’âme il nous parle de Victorien Sardou, de Gustave Nadaud, deux des solides amitiés de son âge mur [sic] ; de Pierre Loti qu’il affectionne pour sa double confraternité de poète et de marin ; d’Adolphe Lalauze, l’un des meilleurs graveurs de notre époque ; de Jean-François Millet, de Lamartine, de Victor Hugo, de Béranger, qu’il a beaucoup connus, et de Jules Janin, le célèbre critique, dont il fut constamment l’ami dévoué. »
(Henri Corbel. « Alexandre Piedagnel ». In La Revue du siècle. Lyon, 1894, t. VIII, p. 174-175)

83 rue Perronet, Neuilly-sur-Seine

Alexandre Piedagnel décéda le 13 septembre 1903, en son domicile, à Neuilly-sur-Seine [Hauts-de-Seine], 83 rue Perronet. 


Ses obsèques se firent le mercredi 16, en l’église Saint-Pierre, sa paroisse, avenue du Roule : son beau-frère, Charles Chèze, conduisit le deuil et les honneurs militaires furent rendus à l’ancien marin par un piquet du 119e d’Infanterie. Un petit nombre seulement d’amis intimes l’accompagna à sa dernière demeure, au cimetière de Neuilly ancien. Sa tombe fut pendant longtemps ornée de violettes, ses fleurs préférées.
Sa veuve, Louise-Élisabeth Rodanet, décéda à Neuilly-sur-Seine, le 25 août 1914, âgée de 74 ans.
  
La bibliothèque de Piedagnel était composée essentiellement de livres brochés, avec de nombreux envois d’auteurs ; quelques livres à figures du XVIIIe siècle étaient en reliures anciennes. 


L’ex-libris [50 x 80 mm] qu’il utilisait rappelait, par des fleurs et un oiseau, l’arrivée du printemps : il fut gravé par Jules-Blaise-Michel Gingembre, né à Habsheim (Haut-Rhin) le 27 décembre 1842, plus connu sous son pseudonyme de « Marcel d’Aubépine ».


Une partie de la bibliothèque fut vendue le samedi 6 mai 1905, à l’hôtel Drouot, salle 8 : Catalogue de bons livres modernes, éditions originales avec envois d’auteurs, livres à figures du XVIIIe siècle, provenant de la bibliothèque de Mr Alexandre Piedagnel (Paris, A. Durel, 1905, in-8, 40 p., 266 + 7 doubles [bis] + 5 triples [ter] + 1 quadruple [quater] = 279 lots), dont Livres modernes [245 lots = 87,81 %], Ouvrages d’Alexandre Piedagnel [21 lots = 7,52 %], Livres à figures du XVIIIe siècle [13 lots = 4,65 %].

4. Balzac (H. de). Petites misères de la vie conjugale, illustrées par Bertall. Paris, chez Chlendowski, s. d., gr. in-8, fig. br. Exemplaire du premier tirage avec la couverture. 480 fr.
11. Barbey d’Aurevilly (J.). Les Diaboliques. Paris, E. Dentu, 1874, in-12, br. Édition originale avec la couverture : « A mon ami Alexandre Piedagnel. Diaboliquement à lui ! Jules Barbey d’Aurevilly. » 112 fr.
16. Bibliothèque artistique moderne. Paris, Librairie des bibliophiles, 1883-1888, 17 vol. in-8, fig., br., couv. Exemplaires imprimés sur grand papier vélin. 175 fr.
17. Bibliothèque artistique (Petite). Paris, Librairie des bibliophiles, 1874-1888, 88 vol. in-12, fig., br., couv. 300 fr.
20. Bibliothèque elzevirienne. Paris, Daffis, Plon, 1868-1895, 98 vol. in-12, cart., perc. rouge, non rog. 125 fr.
21. Bibliothèque littéraire (Petite). Auteurs anciens. Paris, Alph. Lemerre, 1869-1890, 61 vol. pet. in-12, br., couv. 136 fr.
22. Bibliothèque littéraire (Petite). Auteurs contemporains. Paris, Alph. Lemerre, 1874-1897, 103 vol. in-12, br., couv. 225 fr.
170. Loti (Pierre). Aziyadé. Stamboul, 1876-1877. Extrait des notes et lettres d’un lieutenant de la marine anglaise. Paris, Calmann Lévy, 1879, in-12, br. Édition originale, avec la couverture illustrée, tirée en violet. Très rare. 130 fr.
191. Molière. Théâtre complet, publié par D. Jouaust, préface par M. D. Nisard, dessins de Louis Leloir, gravés à l’eau-forte par Flameng. Paris, Librairie des bibliophiles, 1776-1882, 8 vol. in-8, fig., br., couv. 100 fr.
221. Sainte-Beuve. Œuvres. Paris, Garnier fr., Michel Lévy fr., 1866-1876, 68 vol. in-12, dont 54 vol. en demi-rel., dos de chag. r., et 14 vol. br. 150 fr.
248 quater. Piedagnel (Alexandre). J.-F. Millet. Souvenirs de Barbizon, avec un portrait et neuf eaux-fortes par Ch. Beauverie, Max. Lalanne, Ad. Lalauze, etc. Paris, Vve A. Cadart, 1876, in-8, front. gr. par Fél. Rops, br., couv. Exemplaire sur peau de vélin, imprimé à 5 exemplaires. 100 fr.
254. Blondel. Cours d’architecture. Paris, Desaint, 1771-1777, 6 vol. in-8 de texte et 6 vol. de planches reliés en 3 vol. Ensemble 9 vol., veau marb. (Rel. anc.). 100 fr.
256. Dorat. Les Baisers, précédés du Mois de mai. La Haye et se trouve à Paris, chez Lambert et Delalain, 1770, in-8, fig., veau fauve, tr. rouges (Rel. anc.). Exemplaire en grand papier, avec les titres tirés en rouge et à la fin les Imitations des poëtes latins (supplément curieux qui manque souvent). Exemplaire de premier tirage, avec les fautes de pagination. 500 fr.
261. Molière. Œuvres, avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièce, par M. Bret. Paris, par la Compagnie des libraires associés, 1773, 6 vol. in-8, veau marb., tr. marb. (Rel. anc.). Premier tirage des figures de Moreau le Jeune. 181 fr.