vendredi 20 décembre 2013

Le Musée bibliographique de Charles Motteley

Agent diplomatique sous Napoléon Ier, Jean-Charles Mottelay, dit « Motteley », est né à Giberville (Calvados), le 12 avril 1778 :


« Aujourd’huy jeudy dousieme jour d’avril mille sept sept [sic] Cents soixante dix huit, jean charles Motelay né d’aujourd’huy du légitime Mariage de jean françois Motelay et d’anne Catherine le febure son epouse de Cette paroisse, a été baptisé par nous prêtre Curé de Ce lieu, son parain Charle estienne philippe Motelay [signe avec deux « t »] tonsuré, sa Mareine anne françoise Bourget qui ont signés avec nous. » [sic]

Morose et peu accessible, Motteley ne vécut que pour ses livres. L’origine de sa bibliothèque et de son goût pour les livres date du temps de ses études : élève distingué, il avait beaucoup de prix, et sa mère lui faisait présent d’autres livres encore quand elle le voyait revenir chargé d’ouvrages.

« Quand on entre chez lui, on voit d’abord des livres assez ordinaires, fort mal rangés ; on entre à droite dans une grande pièce (son salon) qui contient trois corps de bibliothèque et trois armoires. Ça et là, sur la cheminée et au dessus des armoires, sont de belles reliures anciennes montrant le plat. Il a la coutume de ranger de cette manière quelques exemplaires du comte d’Hoym, de de Thou, de Longepierre et autres en dedans de ses armoires ; ses plus belles choses sont dans une petite armoire qui est dans sa chambre à coucher, dans son secrétaire et dans sa commode. C’est là que sont le Virgile, le Tacite et l’Horace elsevier d’Hoym, l’Horace de Longepierre, etc. » [sic]
(Baron Jérôme Pichon. « Bibliophiles & relieurs ». In Bulletin du bibliophile, 1906, p. 393)

« Mais, puisque je parle de livres, laissez-moi vous raconter une aventure qui m’est arrivée, ces jours derniers, avec un bibliophile distingué. J’étais allé, un matin, rendre visite à Jules Janin (qui habite toujours modestement, comme s’il était encore garçon et qu’il ne fût pas un grand écrivain), son 3e étage de la rue de Vaugirard. Là, j’examinais un magnifique Byron sur papier de Chine, avec dessins originaux. Vis-à-vis de moi se trouvait un homme d’une cinquantaine d’années, à belle physionomie, un peu pâle, mais dont les traits sont pleins de douceur. A l’une de mes exclamations, je vis paraître sur son visage un léger sourire qui me sembla vouloir dire : “ J’ai beaucoup mieux que cela, Monsieur.”
Je le regardai d’une façon qui l’engageait à s’expliquer, Oui, Monsieur, dit alors cette personne, le Byron de M. Janin est certainement très-beau, et j’avoue que cette reliure de Lewis, le Thouvenin de Londres, est réellement admirable, Mais, je possède mieux que cela, Monsieur. J’ai, par exemple, en un volume, grand papier, les Mémoires de Langey-Dubelley, exemplaire de Catherine de Médicis, que j’ai refusé de céder pour 1,500 fr. à feu le Marquis de Chalabre, l’adorateur de Mademoiselle Mars. J’ai aussi un Ronsard, petit in-12, pour lequel on m’assassinera quelque jour ; enfin, je possède un Missel du ixe siècle, en lettres d’or, couvert d’une reliure en bois, dans laquelle est incrusté un distique d’ivoire ciselé, qui est un véritable chef-d’œuvre. Mais là ne se bornent pas mes richesses. J’ai, chez moi, tout ce qui a paru de mieux en reliure depuis Charles VIII, Louis XII, Anne de Bretagne, le chancelier Séguier, le Comte d’Hoyne [i.e. Hoym], François Ier, Henri II, Charles IX et Anne d’Autriche, jusqu’à nos jours. Aussi, pour réunir ces chefs-d’œuvre, ai-je parcouru dix ans l’Europe. Si vous voulez me faire l’honneur de venir me voir un matin, je vous montrerai cela.





Ce disant, M. Motteley (ainsi se nomme mon bibliophile) me remit sa carte. Deux jours après, je frappais, sur les dix heures, à la porte d’une grande maison, située dans le faubourg Poissonnière, non loin de l’habitation de M. Sauvageot, notre plus riche collectionneur de verrerie italienne. Parvenu au 3e étage, je sonnai et le bibliophile lui-même m’ouvrit l’entrée de son sanctuaire. Imaginez-vous une assez longue suite de chambres décorées, pour tout ameublement, de grandes armoires à vitraux contenant plusieurs milliers de livres. Là, pas de glaces, pas de candélabres ni de pendules sur les cheminées. Non, partout des livres et rien que des livres.
M. Motteley me montra, outre 4,000 Elzevirs, arrachés à tous les pays, l’œuvre de botanique de Matthiole, enrichie des notes manuscrites de Nodier et de peintures, comme Redouté et quelques miniaturistes seuls en ont su faire ; –  un très-beau Faustus aux armes de Louis XII ; une Somme de Saint Thomas, édition des Juntes ; – un Coran, aux armes de Henri II et de Diane de Poitiers ; – enfin, l’Image de la vie chrétienne, Paris, in-4° gothique, relié aux armes de Henri III, c’est-à-dire, ayant une tête de mort et des ossemens en sautoir sur le dos du livre, et au-dessus la devise de ce Prince : Spes mea salus.
M. Motteley estime sa collection environ 500,000 fr. » [sic]
(Achille Jubinal. « A M. Gras, gérant de la Revue du Midi. » In Revue du Midi, Montpellier, Gras, 1845, 3e série, t. I, p. 259-260)


« Le 24 février 1848, les révolutionnaires (ceux-là même qui ont incendié la bibliothèque de Motteley dans le palais du Louvre, aux derniers soupirs de l’affreuse Commune de 1871) envahirent le Palais-Royal et commencèrent par jeter dans la cour du palais les livres de la Bibliothèque pour en faire un feu de joie. Motteley accourt ; ce n’est plus un bibliophile ; c’est un lion, c’est un apôtre : “ Brûler des livres ! s’écrie-t-il. Vous n’êtes pas des hommes, vous êtes des bêtes brutes ! Vous ne savez donc pas lire ? ” On s’empare de lui, on veut le coucher sur un bûcher de livres, auxquels on a mis le feu. “ O Voltaire ! crie Motteley, ce ne sont plus les Parlements qui brûlent les livres, c’est le bon peuple de Paris ! ” L’invocation à Voltaire sauva Motteley et la Bibliothèque du Palais-Royal.
Cependant quelques centaines de volumes avaient été brûlés, déchirés ou volés. Motteley errait autour des grilles du Palais-Royal […] Il vient s’adresser au concierge, qui est à peine remis des émotions de la journée : […] “ Monsieur le concierge, dit solennellement Motteley, je vous somme de vous assurer si le Grand Perceforest est encore à sa place dans la Bibliothèque. C’est une affaire d’Etat. Depuis longtemps l’Angleterre convoite ce magnifique exemplaire. Allez donc dans la Bibliothèque, seconde salle, première armoire, à gauche, six volumes, grand in-folio, portant au dos : Perceforest. Je vous rends responsable du sort de ce livre incomparable. Aidez-moi à le conserver, mon ami, et je vous promets la protection de l’illustre Arago.” […] Il disparut pendant quelques instants, qui parurent des siècles à Motteley ; il revint bientôt, le sourire sur les lèvres, et dit à voix basse : “ Oui, monsieur, il est là ! On n’y a pas touché. J’ai lu sur le dos des volumes : Percefort. Est-ce la même chose que Perceforest ? ”
(« Lettre du bibliophile Jacob à l’auteur des Amoureux du livre » In F. Fertiault. Les Amoureux du livre. Paris, A. Claudin, 1877, p. xxiij-xxv) 

Motteley publia, à ses frais, à l’instar des Elzévirs, dans un but mercantile, des réimpressions offrant aux amateurs l’élégance des éditions elzéviriennes : marques, têtes de pages, fleurons, vignettes et lettres grises, tout y est imité.  


Exemplaire unique sur peau de vélin, relié par Niedrée.
17.500 $ Jonathan A. Hill bookseller

- Un fac-similé du seul exemplaire original qu’on connaissait alors du Catalogus librorum officinæ Danielis Elsevirii (Amstelodami, 1681, pet. in-12, 12-[40] p.), fort rare, exécuté en 1823 par Firmin Didot, tiré à 101 exemplaires (1 sur peau de vélin, avec les armes des Elzévirs peintes en or et couleur, estimé par l’éditeur à 140 fr. ; 20 sur papier superfin de Hollande, numérotés à la presse ; 80 sur papier fin de Hollande, numérotés à la presse), avec vignettes gravées sur bois par Tompson ; le titre est répété et,




au dernier feuillet, Motteley a appliqué à la main son chiffre formé des initiales J. C. M. enlacées.






- Les Cérémonies et prières du sacre des rois de France, accompagnées de recherches historiques (Paris, Firmin Didot, 1825, pet. in-12, [8]-108 p.), que Motteley publia, sont ornées de vignettes elzéviriennes. Il en a été tiré 2 exemplaires sur peau de vélin ; le tirage ordinaire, à petit nombre, est sur papier fin ; il y en a sur grand papier vélin superfin.





- Discours de Michel de L’Hospital, chancelier de France, sur le sacre de François II (Paris, Firmin Didot, 1825, pet. in-12, 24 p.), orné de vignettes copiées sur celles des Elzévirs dont on a imité la typographie. Il en a été tiré 2 exemplaires sur peau de vélin [1 dans la bibliothèque du grand duc de Toscane ; 1 dans la bibliothèque de Louis Van Gobbelschroy, puis dans celle de Jean De Meyer], 25 sur papier de Hollande, numérotés à la presse, et le reste, tiré à petit nombre, sur papier ordinaire.

- Histoire des révolutions de la barbe des Français, depuis l’origine de la monarchie (Paris, Ponthieu, 1826, gr. in-24, 48 p.), avec des vignettes elzéviriennes, tiré à 4 exemplaire sur peau de vélin, 30 exemplaires sur papier de Hollande numérotés à la presse, le reste sur papier ordinaire.




- Sermon pour le Vendredi-Saint, prononcé en l’église catholique de Smyrne, l’an 1644 (Paris, Ponthieu, 1827, gr. in-24, viij-72 p.), avec fleurons, vignettes et lettres grises, tiré à 2 exemplaires sur peau de vélin, à un petit nombre d’exemplaires sur grand papier vélin, le reste sur papier ordinaire.

Les Elzévirs furent constamment l’objet de ses recherches et de ses études.







Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzevirs et de leurs annexes, avec quelques découvertes curieuses sur la typographie hollandaise et belge du xviie siècle (Paris, Panckoucke, 1847, pet. in-12, 40 p.), suivi d’une Liste des éditions en petit format avec fleurons, vignettes, lettres grises, publiées par le bibliophile Ch. M. ([4] p.). Volume orné de fleurons, vignettes, lettres grises et d’une sphère sur le titre et la couverture, tiré à 246 exemplaires : 1 sur peau de vélin, 15 sur papier bleu, numérotés, 30 sur papier superfin de Hollande, numérotés, 200 sur papier ordinaire :

« Quand quelqu’un parle de livres elzeviriens d’une manière pertinente, il a beau se cacher sous le voile de l’anonyme, on devine aisément M. Charles Motteley, le plus heureux possesseur d’Elzevirs de la France et l’on peut dire de l’Europe. Le joli livret que nous annonçons tombe naturellement dans notre domaine, parce qu’il restitue à d’habiles typographes belges bon nombre de livres attribués jusqu’ici aux Elzévirs. Nous voulons parler de François Foppens, de Bruxelles, qui lutte avec les illustres typographes hollandais, de telle sorte qu’il a fallu l’œil exercé de M. Motteley pour distinguer leurs labeurs de ceux de la Hollande ; de Jean Mommart, de la même ville, qui approche de près la perfection de Foppens ; de Lambert Marchant, également de Bruxelles, moins expert que les deux autres, mais dont les productions typographiques sont aussi admises dans les collections elzeviriennes. M. Motteley restitue à ces honnêtes imprimeurs leurs travaux, que M. Bérard et même l’exact M. Brunet leur avaient enlevés, pour les accorder, sans distinction, à la famille déjà si riche des Elzevirs ; et cela sur l’enseigne d’une sphère ou de quelqu’autre vignette adoptée par les célèbres typographes hollandais. L’intraitable dénicheur des véritables artisans de tous ces petits livrets si chèrement payés, rend également à Philippe de Croy, de Leyde, à Guillaume de Hoeve, de Goude, à Vander Marse, de Leyde, à Hackius, de la même ville, à Jean Blaeu, d’Amsterdam, les labeurs justement recherchés qui leur appartiennent ; il restitue même à L. Maurry, de Rouen, des soi-disants Elzevirs parfaitement français : ce sont des contrefaçons de la contrefaçon hollandaise. Après avoir rendu à chacun le sien, M. Motteley applique aussi aux presses elzeviriennes plusieurs ouvrages connus jusqu’ici seulement sous les noms de libraires réels ou supposés, et il rectifie ainsi les dernières données du Manuel de M. Brunet, si excellent en beaucoup de choses, mais qui n’a pu s’arrêter aux mille et un détails de lettres grises, de vignettes, et de l’œil des caractères des nombreuses productions typographiques qui forment aujourd’hui ce qu’on appelle la collection des Elvezirs [sic] et de leurs annexes. Il fallait une étude spéciale pour faire ces rectifications, et personne mieux que le collecteur infatigable de la plus vaste bibliothèque elzevirienne connue n’était à même d’opérer ces redressements. Le succès qu’obtiendra ce petit aperçu, charmant du reste par sa forme comme il est intéressant par le fond, devra encourager son auteur à publier une bibliographie complète des Elzevirs ; c’est à lui qu’est réservé ce droit. » [sic]
(A. Dinaux. In Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du Midi de la Belgique. Valenciennes, au bureau des Archives, 1847, nouvelle série, t. 6e, p. 152-153) 

Cette brochure avait été donnée dans le Bulletin des arts (Paris, L’Alliance des arts, 1846, Ve année, t. V, p. 245-250, 293-295, 322-324, 400-403, 434-439), sous le titre « Sur les éditions elzeviriennes » [sic], et fut réimprimée à Bruxelles, avec le nom de l’auteur, à 200 exemplaires numérotés : le capitaine De Reume, flatté du compliment que lui a adressé Motteley dans sa préface, a fait faire une élégante contrefaçon dans laquelle 16 impressions attribuées aux Elzévirs sont restituées à F. Foppens, de Bruxelles :





Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzevirs et de leurs annexes, avec quelques découvertes curieuses sur la typographie hollandaise et belge du xviie siècle (Bruxelles, impr. de la Société des beaux-arts, 1848, pet. in-12, 43-[1 bl.] p.), suivi d’une Liste des éditions en petit format avec fleurons, vignettes, lettres grises, publiées par le bibliophile Ch. Motteley ([3]-[1 bl.] p.).  

Motteley fut un bibliophile des plus ardents et des plus fougueux. Il aurait voulu que dans les ventes aucun bibliophile ne surenchérit sur lui ; lorsque l’un d’eux se faisait adjuger un livre qu’il convoitait, il l’injuriait. Guglielmo Libri (1803-1869) et Jean-Louis Bourdillon (1782-1856), de Genève, et d’autres, ont eu se plaindre de ce sauvage procédé.
Bourdillon s’était trouvé le concurrent de Motteley dans une vente. Les invectives ordinaires envers son rival ne lui avaient pas suffi : il avait conservé de la rancune. Ayant rencontré Bourdillon l’une des journées révolutionnaires de 1830, il lui prodigua des outrages publics, et le signala à la multitude effervescente comme un Suisse, lui faisant courir un danger.
Dans un procès intenté par Motteley, à l’honorable Jacques-Simon Merlin (1765-1835), lui réclamant des dommages intérêts sous prétexte d’une prétendue perte causée par la révolution de 1830, à la suite d’un délai apporté à une vente, le libraire gagna et publia en 1831 un mémoire qui établit aussi l’habileté de ce bibliophile commerçant.   
C’est pourquoi on le disait plus bibliopole que bibliophile, donnant l’impression de ne former des bibliothèques que pour les vendre. Il se disait très géné et disait vivre du produit de ventes successives de mauvais bouquins qu’il faisait passer en province et aussi de cartulaires, chartes, etc. Jacques-Charles Brunet le traita très durement d’ « industriel en librairie » (Nouvelles Recherches bibliographiques. Paris, Silvestre, 1834, t. II, p. 202).







Son ex-libris (56 x 59 mm.), qui renvoie à un numéro de catalogue et qui est signé « F. Perry », représente un portique formé par des livres, avec la devise « Instruit et ornat », dans lequel une feuille de papier déroulée montre l’inscription « Ex-libris J. C. M. »




Il mit en vente à la maison Silvestre, rue des Bons-Enfans, du 2 au 24 décembre 1824, une première bibliothèque : Catalogue des livres de la bibliothèque de M. Motteley, composée d’une collection considérable d’Elzévirs et autres beaux livres et manuscrits rares, précieux et singuliers, la plupart reliés par Desseuil, Padeloup, Derome, Simier, Purgold, Thouvenin et Vogel (Paris, Silvestre, 1824, in-8, 4-219-[1 bl.] p., 2.173 lots), sur grand papier de Hollande, tiré à 20 exemplaires, dont 12 seulement seront vendus.

« Ce catalogue renferme une réunion très-nombreuse de livres imprimés par les Elzeviers [environ 550 lots] ; il en est de très-rares et qui étaient jusqu’alors restés inconnus aux bibliographes. Le propriétaire de cette collection y avait ajouté plusieurs volumes petit in-12, avec la sphère et autres figures d’ornements employées par les Elzeviers. Il les avait surtout choisis dans la classe des livres que ces derniers n’ont point imprimés, de sorte que, loin de déparer sa bibliothèque elzevirienne en y faisant entrer des productions de ce genre, il l’avait au contraire enrichie d’éléments de même format, quelquefois supérieurs sous le rapport de la typographie à certains ouvrages imprimés par les Elzeviers eux-mêmes. […]
On trouve aussi, sur ce catalogue, divers volumes ayant appartenu à Louis XIII ou à Anne d’Autriche ; d’autres provenaient de quelques bibliothèques d’amateurs célèbres, tels que le comte d’Hoym et Girardot de Préfond ; enfin, plusieurs ouvrages portaient des notes de la main d’érudits renommés, tels que Bochart, Villoison, Chardon de la Rochette, etc. » [sic]
(Gustave Brunet. Dictionnaire de bibliologie catholique. Paris, J.-P. Migne, 1860, col. 498)

L’état si rare de « non rogné » augmentant la valeur d’un volume elzévirien, on en paya quelques-uns fort cher : Psalterium, 1653, très grand de marges, 190 fr. ; Lipsius, de constantia, 1652, in-24, non rogné, 44 fr. ; Baconus, de ventis, 1662, non rogné, 58 fr. ; Glissonius, de ventriculo, 1677, non rogné, 51 fr. ; Aphthonii progymnasmata, 1649, non rogné, 68 fr. ; Juvenal, 1671, in-16, non rogné, 50 fr. ; Senecae tragoediae, 1678, in-16, 45 fr. ; Decameron di Boccacio, 1665, très bel exemplaire, 150 fr. ; Satyre ménippée, 1677, non rogné, 74 fr. ; Defensio pro Carolo I, 1650, non rogné, 78 fr.






Une deuxième bibliothèque fut vendue par Motteley, à la maison Silvestre, en 22 vacations, du mardi 15 février au vendredi 11 mars 1842 : Catalogue d’anciens livres et manuscrits de la bibliothèque de M. ***, composé en partie d’ouvrages rares, précieux ou singuliers, et dont quelques uns en belles reliures anciennes (Paris, Silvestre, 1841, in-8, vij-[1]-335-[3] p., 2.652 lots). On a tiré 20 exemplaires sur grand papier de Hollande, avec fleurons, vignettes, lettres grises et culs-de-lampe, 20 exemplaires sur papier ordinaire avec les mêmes figures d’ornement, le reste sur papier ordinaire ; on a tiré en or et en noir sur papiers de diverses couleurs, un fac-similé de la reliure du volume porté sous le n° 323 [Hieronymi Cardani de rerum varietate libri XVII. Avinione, Matthaeus Vincentius, 1558, in-8, vélin à riches compartiments et à recouvrements]. Cette collection nombreuse contient des manuscrits, des livres imprimés sur vélin, des ouvrages curieux en tout genre, sans offrir cependant de veritables trésors bibliographiques. On remarque quelques volumes aux armes de Henri II, d’Anne d’Autriche, de Richelieu, de Mazarin. Contrairement à ce que dit Jean-George-Théodore Graesse (Trésor de livres rares et précieux. Dresde, Rudolf Kuntze, 1861, t. II, p. 72), la vente n’a pas été annulée : on trouve des exemplaires du catalogue avec les prix d’adjudication.






Le Catalogue de livres et manuscrits, la plupart d’une haute antiquité, rares, précieux et singuliers, ou qui se font remarquer par la beauté et la richesse de leurs anciennes reliures, suivis d’une collection considérable d’Elzevirs de format petit in-12 et infra, et d’autographes (Paris, Silvestre, 1842, in-8, [8]-213-[1] p., 1.974 lots de livres et 123 lots d’autographes) nécessita 15 vacations, du jeudi 2 mars au samedi 18 mars 1843.

Du 18 au 30 novembre 1844, Motteley mit en vente des manuscrits, des elzévirs, des éditions hollandaises et belges et des autographes précieux : Catalogue d’anciens livres et manuscrits de la bibliothèque de M*** (Paris, Silvestre, 1844, in-8, 187 p.).   


Le Catalogue d’une collection très-considérable de livres imprimés par les Elzevirs de formats in-f°, in-4° et in-8°, recueillis par un bibliophile pendant ces vingt dernières années, en France et dans les pays étrangers (Paris, Claye et Ce, 1846, in-8, 40 p., 302 numéros), avec des fleurons elzéviriens, tiré à petit nombre sur papier ordinaire et à 20 exemplaires sur papier bleu vélin, possède un avis sur la 3e de couverture :  

« Vingt années de recherches dans presque toutes les contrées de l’Europe, ont à peine suffi pour réunir cette précieuse Collection d’Elzevirs de grands formats, composée de 300 articles, contenant près de 600 volumes, tomes ou pièces, tous et toutes avec de grands titres.
Si elle pouvait convenir en masse, et sans être disséminée, à une Bibliothèque publique ou particulière, on la céderait au prix peu élevé de 7,500 fr., avec autant d’exemplaires de ce Catalogue qu’on en pourra désirer.
S’adresser franco à M. Motteley, rue du Faubourg-Poissonnière, n° 7, à Paris. » [sic]






Une seconde édition suivit : Catalogue d’une collection très-considérable de livres imprimés par les Elzevirs de formats in-f°, in-4° et in-8°, recueillis par un bibliophile pendant ces vingt dernières années, en France et dans les pays étrangers, accompagné de curieuses notes bibliographiques, et pouvant servir à l’étude de la bibliographie elzevirienne (Paris, Panckoucke, 1848, in-8, [2]-II-44 p., 334 numéros), avec des fleurons elzéviriens.

Motteley mourut célibataire à Paris, le 1er septembre 1850, au petit matin, en son domicile situé au 3e étage du n° 7 de la rue du Faubourg-Poissonnière (IXe).

« Quant à l’autre collectionneur, M. Motteley, il mourut de la vraie mort du bibliophile ; c’était un amateur enragé et jaloux, chaque porte de son appartement était garnie d’une serrure à secret, et la porte d’entrée, outre la serrure ordinaire, était encore agrémentée d’un énorme cadenas. Il recevait fort peu n’aimant pas les visites, et se refusait obstinément de faire à sa demeure les réparations les plus urgentes, dans la crainte d’un contact imprévu mais possible entre des ouvriers aux mains blanches de plâtras et les superbes reliures de ses livres, lesquels furent seuls témoins de sa mort – qui arriva brusquement au milieu de la nuit. Son cabinet valait bien 100,000 francs, mais on ne découvrit chez lui qu’une somme à peine suffisante pour le faire enterrer…, et, lui aussi, eut le convoi du pauvre sans chien, sans amis, sans parents. C’est peut-être payer bien cher l’amour des belles reliures. »
(Firmin Maillard. Les Passionnés du livre. Paris, Emile Rondeau, 1896, p. 139)

« Un des bibliophiles les plus ardens et les plus fougueux qui aient jamais existé, M. Charles Motteley, mort au mois de septembre dernier, a laissé un testament par lequel il lègue sa bibliothèque à la nation française, sous les auspices du Président de la République. Avant la Révolution de 89, de pareils legs n’étaient pas rares, et la plupart des grandes bibliothèques publiques devaient leurs richesses et leurs accroissemens à des donations du même genre ; mais depuis longtemps on avait en quelque sorte perdu l’habitude d’assurer ainsi la conservation des collections littéraires formées à force de patience et de recherches. Motteley possédait la plus riche et la plus nombreuse réunion d’éditions elzeviriennes, le plus magnifique musée de reliures françaises et étrangères, le plus curieux cabinet de livres rares, de manuscrits à miniatures, etc. Tout cela fait un ensemble fort intéressant qui témoigne des soins intelligens et éclairés du collecteur. Motteley, qui devait s fortune à l’empereur, qu’il avait servi honorablement dans la carrière diplomatique, a voulu consacrer en quelque sorte sa reconnaissance envers son bienfaiteur en confiant au neveu de l’empereur l’exécution d’un legs fait à la France. Il a espéré que sa collection serait placée soit au Louvre, soit aux Tuileries, soit au Luxembourg. Cette collection avait été presque achetée par le roi Louis-Philippe, et récemment par le British Museum de Londres, qui l’eût payée 300,000 fr. ; mais elle ne sortira pas de France, et nous la verrons bientôt sans doute dans un établissement public de Paris. Voici le texte du codicille en vertu duquel le gouvernement est appelé à recueillir le legs de M. Motteley :
“ Je donne de mon vivant et en cas de mort prématurée je lègue à la nation française, sous les auspices de M. le président de la République, ma remarquable bibliothèque, à condition :
1° Que le gouvernement la fera placer dans une galerie ou salon portant cette inscription : Musée bibliographique formé par le bibliophile Motteley ;
2° Qu’il n’y sera introduit d’autres livres ou manuscrits que ceux que le donateur y pourra ajouter de son vivant ;
3° Qu’il sera construit dans le local où elle sera établie une longue montre en acajou avec glaces, propre à recevoir le plus beau et le plus nombreux Musée de reliures (exécutées depuis Louis XII et Anne de Bretagne jusqu’à nos jours) qu’il y ait bien certainement en Europe.
4° Que le savant bibliophile Paul Lacroix sera spécialement chargé de rédiger une Notice sur cette bibliothèque et d’en rédiger le catalogue, qui devra passer à la postérité, à la condition expresse que ce travail important sera rémunéré d’une manière digne du gouvernement français.
Quant à moi ou à ma famille, je laisse à la générosité du même gouvernement d’agir comme il l’entendra, lui offrant en outre, autant que mon âge et mes forces me le permettront, d’être le conservateur honoraire de ce musée jusqu’à mon décès, mais avec l’aide d’un employé ou sous-conservateur rétribué qui pourra me suppléer au besoin.
Paris, le 5 août 1849.
Signé Mottelay, dit Motteley.” » [sic]
(Journal des débats. Vendredi 8 novembre 1850, p. 2)

« Il est vrai que, il y a quelques années, Louis-Philippe fut sur le point d’acheter ce petit musée, sur la proposition que lui en fit M. Vatout ; mais ce n’était pas au prix de 300,000 fr., ni même à celui de 200,000 fr. que le roi voulait en faire l’acquisition, qui n’a été rompue qu’en raison des prétentions qu’avait M. Motteley qu’il fût établi un local pour recevoir ses livres, et qu’on mit au-dessus de la porte cette inscription : Musée bibliographique Motteley. Cette inscription parut si singulière à Louis-Philippe, qu’il dit à son bibliothécaire : “ Je trouve une pareille demande aussi peu fondée que si, lorsqu’un cheval est attelé à ma voiture, son ancien propriétaire exigeait qu’on lui appliquât son nom sur le dos. La demande de M. Motteley ne serait raisonnable qu’à la condition qu’il ferait don de sa bibliothèque ; mais du moment qu’il en exige un prix, sa proposition est inacceptable.”
Le British Museum n’a pas offert non plus 300,000 fr. de la bibliothèque de M. Motteley, et n’a même entamé aucune négociation à ce sujet ; mais, dans le dernier mois de sa maladie, ce bibliophile avait été mis, par le libraire Techener, en rapport avec un lord anglais qui eût pu s’en rendre acquéreur, mais à un prix bien moindre.
Je tiens ces détails de M. Motteley lui-même, que je visitais très souvent pendant sa maladie, et j’étais la seule personne qu’il reçût volontiers ; c’est même par mes soins qu’il a été procédé à son inhumation, son concierge n’ayant pas cru pouvoir mieux s’adresser qu’à moi, qu’il avait l’ordre de laisser monter seul chez lui.
Quant à l’acceptation du legs fait par M. Motteley à l’Etat, j’espère, et c’est l’avis d’hommes très hauts placés, que le gouvernement prendra en considération l’état voisin de la misère d’une partie de la famille du donateur, dont un neveu même est domestique, et qu’une juste appréciation du legs en fera prononcer la répudiation, attendu que, à quelques reliures près, la Bibliothèque Nationale possède tous les livres, elzevirs et autres, qui se trouvent dans le cabinet de M. Motteley. » [sic]
(JulesChenu. In Journal des débats. Dimanche 17 novembre 1850, p. 3)
  






Plan du Louvre


Le gouvernement fut invité à entrer en possession du legs du savant bibliophile, par décret du 25 janvier 1853. Pour on ne sait quels motifs, le directeur de la Bibliothèque nationale, qui était à cette époque Taschereau, refusa d’ouvrir les portes de cet établissement à la collection Motteley. Après avoir été déposée pendant quelque temps dans une des salles du musée du Louvre, le gouvernement décida que cette collection ferait partie de la bibliothèque du Louvre, dirigée par Louis Barbier, le fils de son fondateur.


Conformément aux intentions du donateur, un corps de bibliothèque spécial fut affecté à la collection Motteley, et l’on installa les volumes dans des vitrines à hauteur d’appui, de manière à ce que le public pût aisément les voir et étudier leurs superbes reliures. Un buste de Motteley en marbre blanc sculpté par Madame Claude Vignon fut placé au centre de ces vitrines.
  






Paris incendié
En 1871 à Paris, les communards, dans leur rage stupide de destruction, incendièrent l’Hôtel de ville, les Tuileries, la Légion d’honneur, le ministère des Finances, la colonne Vendôme, la Cour des comptes, le Grenier d’abondance, le Palais-Royal et une partie du Palais de justice. Mille souvenirs précieux, qui se rattachaient à tous les événements historiques de la vie sociale et politique de la France, disparurent.
De tous ces sinistres, le plus épouvantable fut l’incendie de la Bibliothèque du Louvre. Elle fut incendiée dans la nuit du 23 au 24 mai 1871 et fut complètement détruite. Elle avait été créée sous la Restauration par A.-A. Barbier. Vers 1822, elle reprit son ancien titre de Bibliothèque du Cabinet du Roi. Sous le règne de Louis-Philippe, on lui donna le nom de Bibliothèque du Louvre. Au moment de l’incendie, elle était dirigée par le fils de son fondateur et comptait plus de 100.000 volumes.
L’une des plus précieuses collections était la collection Motteley. Elle se composait de 2.000 volumes environ, tous remarquables, soit par leur reliure, soit par leur rareté comme impression, ou pour avoir appartenu à de grands personnages. C’est particulièrement au point de vue de la reliure que cette collection avait un grand prix et était admirée des amateurs. On y rencontrait les reliures types les plus rares et les plus splendides, depuis le xvie siècle jusqu’à nos jours, chefs-d’œuvre de Vérard, Duseuil, Purgold, Bozerian, Derome, Boyet, Padeloup, Duru, Capé, Thouvenin, Bauzonnet ; reliures en bois, avec fermoirs en cuivre, en bronze, mosaïques et incrustations ; reliures en parchemin, telles qu’elles étaient lorsque l’ouvrage sortait de la librairie des Elzévirs ; reliures indigènes, historiques, avec armoiries, chiffres, devises, etc.
Les ouvrages que recouvraient ces reliures n’étaient pas indignes de leurs parures précieuses. Il y avait une collection nombreuse d’Elzévirs authentiques, entre autres : l’Horace, le Tacite, le Virgile, du comte d’Hoym ; le Procès de Charles Stuart d’Angleterre, exemplaire dit de Coligny ; des Ovide, des Sénèque, des Pétrone, des Lucain, des Virgile, d’une conservation parfaite ; le Rabelais du comte d’Hoym, l’Ovide de Longepierre, les Prophéties de Nostradamus, la Bible hébraïque en 4 volumes, l’Appien et l’Histoire romaine de Robert Estienne, la Bible (1567) de François Estienne ; le Novum Testamentum, le Xenophon, 1561 (exemplaire du comte d’Hoym), de Henri Estienne ; le Plaute (1522), l’Ausone (1517), le Livre du Courtisan (1547) des Alde ; les Contes de La Fontaine (1795), le Boileau (1681), le Corneille (1783) de Didot ; des gothiques comme les Faits de maître Alain Chartier (1514), etc.

Pour former la collection des Elzévirs, Motteley avait mis 40 ans, parcourant l’Europe entière, fouillant dans leurs moindres recoins la Hollande, l’Allemagne, la Hongrie et la Belgique. Pas une bibliothèque un peu importante, pas un magasin de librairie ne lui avaient échappé. Aussi l’infatigable et ardent bibliophile avait-il acquis en cette matière une rare compétence et une science profonde, science dont il a tracé les règles dans divers ouvrages qui sont devenus le bréviaire de tous ceux qui s’occupent de bibliographie. Il avait divisé cette collection en trois parties :
- les Elzévirs authentiques avec ou sans nom, par ordre chronologique et par imprimeries, Amsterdam, Leyde, Utrecht ;
- les faux Elzévirs ou pseudo-Elzévirs sortis des diverses imprimeries de Hollande, de Belgique, d’Allemagne et de France ;     
- les petits livres imités des Elzévirs, avec leurs formats, leurs caractères et leurs fleurons.
Les dédicaces ex-libris, armoiries, portaient les noms suivants : François Ier, Henri II, Henri III, Diane de Poitiers, Henri IV, Louis XIII, Anne d’Autriche, Marie-Thérèse d’Autriche, Marie Leszczynska, Alexandre VII, Grégoire VII, Pie V, Napoléon Ier, comtesse d’Artois, Madame de Pompadour, Séguier, Grolier, comtesse de Verrue, Choiseul, cardinal Alexandre, Le Tellier, cardinal de Noailles, De Thou, Hozier, Colbert, Madame de Maintenon, cardinal Mazarin, maréchal d’Estrées, cardinal Albain, Grotius, cardinal Salviati, Marie-Antoinette, duchesse d’Angoulême, etc.
Une des plus belles reliures pour Grolier sur Hippocrates Cous. Elenchus octoginta librorum Hippocratis Coi, quos M. Fabius Calvus, civis Rhavennas, millesimi quingintesimi quintique, decimi mensis julii, die octavo Romæ convertit (Romæ, ex ædibus Francisci Minitii Calvi Novocomensis, 1525, in-fol.), en veau fauve, compartiments de maroquin orange, rouge et noir, tr. dor., avec titre, nom et devise (dos refait au xviiie siècle).

La section des manuscrits comprenait des richesses nombreuses, parmi lesquelles on peut citer : un Manuscrit de la Cité de Dieu, de Saint Augustin, daté de 1476, Florence, avec miniatures ; un Virgile du xve siècle ; un manuscrit sur vélin, Andrelini Fausti epistola, adressée à Anne de Bretagne ; un Traité de géométrie, par Léonard de Pise, écrit dans le xive siècle ; un Horace in-folio, du milieu du xiie siècle ; les Evangiles et la Passion de Jésus-Christ, manuscrit avec peintures de style byzantin, du ixe siècle ; un Evangéliaire du xe siècle ; un autre du ixe siècle, avec canons or et couleur en style byzantin, offert à Agobart ; un Extrait des Offices de Cicéron, dédié à Enoeas Sylvius, le pape Innocent II ; une Bible du xiiie siècle ; un Horace du xiie siècle ; les Tables astronomiques du roi Alphonse du xiie siècle ; les Campagnes de Louis XIV, avec plans de ville coloriés et un dessin de Van der Meulen en tête de la campagne de 1692 ; un manuscrit en langue basque de 1452, des chartes nombreuses et des portulans très bien conservés.

Toutes ces merveilles de typographie, tous ces chefs-d’œuvre de reliure ont été anéantis. Le feu a réduit en cendres cette collection précieuse, unique au monde. Il n’en reste plus aujourd’hui que le souvenir, d’autant plus douloureux que cette perte immense n’est pas due à un caprice du hasard ou à des circonstances indépendantes de la volonté humaine, mais à la bêtise. 





                


7 commentaires:

  1. Bonjour,
    la hasard a voulu que je recherche justement le we dernier le catalogue 1824 de Motteley sur Internet, mais je n'ai pas trouvé d'exemplaire consultable.
    Quelqu'un aurait il une adresse des catalogues numérisés pour les différentes années?
    Merci pour ce partage instructif!

    Wolfi

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    1. Il n'y a pas de catalogue de 1824 de Motteley téléchargeable, mais seulement à vendre chez Jonathan A. Hill.

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  2. Je n'ai toujours pas compris pourquoi certains catalogues anciens (et il y en a vraiment beaucoup!) ne sont pas consultables...
    Pour les oeuvres dont les droits de copyright jouent encore, je saisis bien l'enjeu des numérisations de Google, mais pour ce genre d'ouvrages...
    Wolfi

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    1. Oui, je sais.Je pense qu'ici aussi les intérêts financiers interviennent tout de même : pour numériser ces catalogues, il faut les avoir en bibliothèque, à disposition ; certaines bibliothèques (universitaires américaines pour la plupart) les ont et les ont numérisés, mais ne les laissent consulter que moyennant finances...

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  3. Autrement sur Gallica, vous avez à disposition une superbe numérisation de la reliure sur toutes ses coutures, d'un exemplaire du catalogue de 1824 :
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007340w.r=Motteley+catalogue+livres.langFR

    Etonnant non :)

    Wolfi

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  4. Je dois à Monsieur Christoph Gasser une découverte de taille : il n'y a jamais eu de vente Motteley en 1850 ! J'ai été trompé par le catalogue de la vente Berès qui attribue le " Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de M. M*** " (Paris, Techener, 1850, in-8) à Motteley, alors qu'il s'agit de la vente Maréchal. En outre, la préface de ce catalogue, annoncée dans le " Bulletin du bibliophile " (n° 20-21, 1850, p. 796), n'existe pas.

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